La langue coréenne est-elle difficile ? Retour sur mes deux premiers mois d’apprentissage

Coréen difficile - image de mise en avant Coréen
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La Corée est un pays très développé avec une culture qui s’étend dans le monde entier. Ainsi, de plus en plus de personnes cherchent à apprendre le coréen. Dans mon cas, c’est aussi parce que je suis parti à Séoul pour le travail que le coréen est devenu nécessaire. 

Lorsqu’on cherche à apprendre une langue et surtout une langue asiatique comme le coréen, on se pose souvent plein de questions.

Est-ce que c’est difficile ?

Combien de temps pour avoir un niveau correct ?

Par où je commence ?

Cela fait maintenant deux mois que j’ai commencé l’apprentissage du coréen et dans cet article je vais vous parler de mon expérience par rapport à cette langue étrangère.

Je vais donc vous expliquer ce que j’ai fait pendant ces deux mois et apporter une analyse sur mon évolution en tant que débutant. J’ai aussi rencontré plusieurs difficultés que je vais vous développer.

Un article déjà disponible sur mon blog couvre mon angle d’attaque en tout début d’apprentissage du coréen. Donc pour mieux comprendre les prochaines lignes, je vous invite à aller lire le début de mon apprentissage du coréen.

Une pratique quotidienne

A woman listening daily

Le secret du progrès dans une langue, et dans n’importe quel domaine en général, c’est la régularité.

Pour ma part, je faisais chaque jour au moins deux heures d’immersion dans la langue.

Cela passait par :

  • Écouter des podcasts
  • Regarder des dramas
  • Regarder des vidéos YouTube
  • M’essayer à la lecture de webtoons

Au début je ne comprenais presque rien. Maintenant je ne comprends toujours pas une majorité, mais après seulement deux mois ma compréhension s’est nettement améliorée.

À noter qu’il n’a pas été sans peine de trouver du contenu qui me plaisait sans connaître grand-chose de la langue.

La deuxième partie de mon apprentissage du coréen quotidien était l’apprentissage pur et dur de vocabulaire et de points de grammaire en utilisant Anki, un système de flashcards qui permet de s’assurer un taux de mémorisation très élevé.

Cela passait principalement par l’apprentissage de vocabulaire à travers des phrases. J’en ai déjà parlé dans un de mes précédents articles mais pour bien comprendre l’utilisation d’un mot, vous devez le mettre dans un contexte. De plus, par la même occasion vous apprenez des formes grammaticales.

Je travaille avec deux groupes de cartes (decks) :

  • Le groupe de cartes avec les phrases que je mets à jour moi-même en rajoutant des nouvelles phrases avec les nouveaux mots que j’ai rencontrés.
  • Un second groupe de cartes fait par un anonyme et composé de 5000 mots de vocabulaire avec chacun leur bande son et leur équivalent Hanja s’il y en a un. Je ne conseille pas ce genre de pratique mais personnellement je trouve ce deck utile car il me permet de connaître les mots principaux coréens sans avoir besoin de les chercher moi-même. L’ajout du son pour chaque mot est vraiment très pratique.

Pendant cette période, j’apprenais 10 nouveaux mots et 10 nouvelles phrases par jour. C’est un ratio qui me correspond bien car il me permet de réviser les anciennes cartes et d’apprendre les nouvelles en temps et en heure sans trop de problème. 

En effet, plus vous apprenez de nouvelles cartes par jour, plus vous aurez de cartes à réviser et donc plus de temps à consacrer par jour.

Comment j’ai créé mes phrases ?

Lorsque j’avais un nouveau mot à apprendre, souvent des verbes, et que je n’arrivais pas à l’assimiler correctement, je le cherchai sur Kpedia, un site qui permet d’avoir des phrases d’exemples de nombreux mots coréens. En revanche le site est en japonais donc les phrases coréennes sont traduites en japonais. C’est pourquoi il faut un bon niveau de japonais pour l’utiliser. Mais sa richesse d’exemples en fait un parfait partenaire d’apprentissage du coréen. Ce site est aussi pour moi le meilleur moyen d’apprendre le coréen en japonais.

Pour rechercher des mots dans le dictionnaire pendant mon immersion, j’utilise l’application dictionnaire de Naver qui est très complète. Elle permet aussi d’avoir quelques phrases d’exemple pour le mot recherché ainsi qu’une bande son pour la prononciation.

Un moyen d’apprendre à ne pas négliger en tant que débutant : les sous-titres en français ou en anglais

subtitle button of a remote controller

Les sous-titres ne sont pas à négliger, surtout lorsque vous êtes débutant. Par contre, lorsque vous passez le niveau intermédiaire, il est préférable d’enlever complètement les sous-titres.

De fait, en tant que débutant vous ne comprenez presque rien à la langue et regarder un film totalement sans sous-titres peut très vite décourager car vous ne savez pas ce que les personnages racontent. Le saut est trop grand. De plus, le progrès n’est pas optimal car vous ne recevez pas suffisamment de données intelligibles (« comprehensible input »).

Sans sous-titres, votre cerveau va tout de même réussir à traiter l’information mais seulement une très faible portion. En plus, il est fort probable que vous décrochiez rapidement du film car vous ne comprenez pas assez ce qu’il se passe.

Mais pourquoi mettre les sous-titres dans sa langue maternelle alors que tout le monde (dont moi) proclame que les sous-titres vous empêchent de vous améliorez dans la langue ? 

Eh bien cela dépend de la manière dont vous les utilisez.

En effet, si vous regardez simplement la série ou le film d’une traite avec les sous-titres vous n’allez pas vous améliorer dans la langue.

En revanche si vous suivez la méthode suivante, vous arriverez à comprendre ce que les personnages disent, mais en plus vous aurez une immersion de qualité. Je m’explique :

  1. Regardez 10 à 30 secondes de dialogue sans sous-titres
  2. Évaluez ce que vous avez compris
  3. Revenez en arrière et remettez le passage en activant les sous-titres cette fois-ci.
  4. Avec les sous-titres vous comprenez maintenant tout ce que les personnages ont dit.
  5. Revenez à nouveau en arrière et enlevez les sous-titres.
  6. Maintenant que vous savez ce qui se passe et ce qui est dit, cette écoute va être la plus efficace car vous arriverez à entendre plus de mots et à en assimiler plus en général.

Cette méthode est efficace mais longue car elle nécessite de revoir 3 fois la même scène. En revanche, quel que soit ce que vous regardez, vous comprendrez l’histoire et vous ne serez pas perdu.

Il est tout de même intéressant de consommer du contenu natif sans sous titres régulièrement en parallèle mais sachez que les sous-titres ne sont pas votre ennemi si utilisés intelligemment.

Les difficultés rencontrées pendant mes deux mois d’apprentissage

A guy climbing

Contrairement au japonais, je trouve le coréen difficile à comprendre car les sons sont plus complexes pour un français. De plus, les mots sont généralement plus courts et donc plus difficiles à entendre et reconnaître. Dans l’ensemble, la prononciation est pour moi la plus grosse difficulté.

Homonymes

Un nombre assez important de mots s’écrivent de la même manière. En voici quelques exemples :

MotPrononciation coréenne
Chien
Chose
Poire
Estomac, ventre
Bateau
Ecrire쓰다
Utiliser쓰다
Être amer쓰다
Porter (un chapeau, etc.)쓰다

Homophones

Les mots peuvent parfois avoir la même prononciation même s’ils s’écrivent différemment. Par exemple, la différence sonore entreㅐetㅔs’est perdue donc tous les mots dont seulement cette lettre change deviennent des homophones.

Exemple :

네가 [nega] = tu

내가 [nega] = je

Heureusement pour éviter l’ambiguïté, les coréens prononcent tu [niga] et je [nega].

Prononciation dépendante de l’emplacement de la lettre

La prononciation de certaines lettres varie en fonction de l’endroit où elles sont placées.

ㄷ se prononce [d] ou [t] en fonction de son emplacement. De même pour ㄱ, ㅂ et ㅈ. 

Voici un récapitulatif :

LettreSon initialSon milieuSon final
tdt
kgk
pbp
chjt

La prononciation à l’oral diffère de la théorie

Les lettres ㄴ[n] et ㅁ[m] ont parfois une prononciation très particulière. C’est pour moi un aspect assez perturbant de la prononciation coréenne.

En reprenant l’exemple précédent, dans 네가 [niga] (tu), le son [n] se transforme souvent en son [d]. En fin de compte, vous entendrez souvent 네가 être prononcé [diga]. Or le son [d] est aussi produit par une autre lettre, le ㄷ.

Si vous regardez des dramas coréens, un verbe comme 모르다 (moreuda – ne pas savoir) se prononcera 보르다 (boreuda).

En fin compte, vous entendrez parfois :

ㄴ[n] comme ㄷ[d]

et

ㅁ[m] comme ㅂ[b]

Les particules

Il existe aussi une quantité considérable de particules. 

Bien que la grammaire japonaise se base sur le même principe, j’ai l’impression que ces dernières sont encore plus présentes et difficiles à assimiler qu’en japonais. 

Il faut noter que c’est mon impression après deux mois d’apprentissage et elle peut être grandement biaisée. 

Mais sans comparer au japonais, les particules en coréen restent un aspect complexe de la langue.

Mon ressenti après 2 mois

A man thinking

Je pense que mon niveau s’est nettement amélioré en coréen et bien que je souhaiterais être bien meilleur après seulement deux mois, il faut se rendre à l’évidence : deux mois ne suffisent pas pour avoir un niveau ne serait-ce que correct en coréen, surtout si c’est un passe-temps que vous faites en dehors de vos heures de travail.

Une partie où je commence à être bien plus à l’aise est la lecture du Hangul. Je le lis maintenant bien plus naturellement.

J’ai aussi réussi à acquérir des mécanismes et à mettre en place tout l’environnement nécessaire (applications Android, dictionnaire, sites internet, ressources en tout genre) pour une immersion efficace.

Ce n’est que récemment que j’ai commencé à utiliser les sous-titres pour me perfectionner. Pendant plus d’un mois et demi je n’ai juré que par du contenu sans sous-titres qui était majoritairement hors de ma portée. Cela ne veut pas dire que je ne me suis pas amélioré grâce à cette immersion mais cela manquait de données intelligibles (« comprehensible input »). Je pense que l’utilisation intelligente des sous-titres dès le début de mon apprentissage aurait pu me faire progresser plus rapidement.

J’ai aussi remarqué que la phase de débutant est la plus frustrante car la vaste majorité des contenus sont hors de portée. J’aimerais déjà pouvoir commencer à lire Harry Potter en coréen mais je suis loin de pouvoir y arriver pour l’instant haha.

Les prochaines étapes

Walking with vans shoes

Maintenant que ces deux mois d’apprentissage sont finis, il faut penser à un plan pour les prochains mois afin d’optimiser au mieux le temps d’apprentissage et d’immersion.

Continuité

Pour ce qui est de l’immersion, je pense partir sur une continuité avec 2 heures minimum par jour de coréen. Maintenant que je suis dans le pays cela devrait être plus facile. Par contre je souhaiterais améliorer la qualité de mon input en trouvant des ressources plus accessible pour mon niveau actuel.

Aussi je vais continuer à utiliser les sous-titres pour les séries coréennes que je regarde pour encore 1 à 2 mois au moins.

Je remarque que mon manque de vocabulaire est la raison principale à mes difficultés de compréhension orale et écrite. Le problème c’est que je ne peux pas vraiment augmenter le temps passé à apprendre du vocabulaire à cause de mes journées relativement chargées.

Par contre, je vais maintenant me concentrer plus sur la création de phrases que sur le deck de 5000 mots.

Nouveautés

Par rapport aux nouveautés, j’aimerais commencer à écrire des phrases et trouver un moyen de me faire corriger.

Je compte aussi acheter quelques livres à Bokyo, une chaîne de librairies gigantesques, à Séoul. Je ne sais pas encore lesquels je vais acheter. Je ferai peut-être une analyse de certains dans un prochain article.

J’essaye aussi d’écrire à la main quelques phrases quotidiennement pour améliorer mon écriture et être plus flexible dans mon apprentissage. Prendre un papier et un stylo est toujours pratique et agréable, au lieu d’utiliser sans cesse le clavier de son téléphone ou de son ordinateur pour écrire.

Conclusion

C’est là que se termine mon article sur mes deux premiers mois d’apprentissage du coréen.

C’est une langue qui paraît difficile lorsqu’on est débutant comme moi mais je suis sûr que ce n’est pas insurmontable. De plus, le Hangul rend les choses bien plus simples comparé au chinois ou au japonais.

J’espère atteindre un niveau intermédiaire très bientôt !

Merci d’avoir suivi jusqu’au bout. À dans un prochain article !

Alexandre
Alexandre

以上、see you next time

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